Notre premier 4000m à ski ! partie 1

Combe de Carlaveyron

4 avril 2015 Commentaires (0) Raids / Séjours, Ski de randonnée / Alpin / Fond

Notre premier 4 000m à ski ! partie 2

 

NOTRE PREMIER 4 000 M à SKI ! En Italie !
ÉPISODE II, du 4 au 5 avril au Monte Rosa (Mont rose).
Moi et Yolanda embarquons dans la télécabine de la base Stafal de la station Monte Rosa et débarquons du téléphérique au-dessus de la Punta Indren à 3 275 m vers 10 h. Avec une jeune suisse nous arrivons, dans le brouillard, à trouver la trace qui nous mènera, après une longue traverse et une montée 225 m au refuge Montoya, à 3 500 m. Comme nous évoluerons sur glacier demain, nous effectuons un mouflage (exercice de manœuvre pour sortir une victime d’une crevasse). C’est dans un beau refuge logeant une centaine de personnes de toute nationalité, avec des hôtes accueillants, que nous passerons la soirée et la nuit. Nous y rencontrons des amis de Yolanda avec qui nous ferons équipe demain, dans notre deuxième tentative d’atteindre notre premier 4 000 m. Le Mont Rose, énorme sommet-massif, est constitué de 10 pics distincts, dont le plus haut, la Pointe Dufour, domine à 4 634 m. Nous choisissons la Pyramide Vincent, 4 215 m, comme objectif pour demain. Une quarantaine de cm de neige tombée durant la nuit éblouit l’immensité blanche et adoucit la trace qu’emprunte, pour une première partie, la majorité des clients du refuge. Rapidement les amis de Yo nous distancent et nous nous encordons pour cette ascension de 700 m. Ciel bleu, neige et nuages se succèdent et nous offrent des images magnifiques. L’altitude, qui m’affecte particulièrement, se fait sentir. Pression à la tête et souffle de plus en plus court m’obligent à adopter un rythme très lent. Je suis au ralenti et parfois je m’égare, comme dans un rêve. Yo me rappelle que l’objectif n’est pas la priorité mais que c’est plutôt le plaisir qui nous importe. Inspiré par la magnificence des paysages et concentré sur le maintien de mon rythme, un peu égaré aussi, je réponds oui à Yo et on poursuit. Puis, nous décidons que, ou bien nous rebroussons chemin avant mon épuisement, ou bien nous enchaînons derrière ses amis à leur descente. Arrivés à la face est de la Pyramide Vincent que l’on a contournée, nous constatons bien sa forme pyramidale qui m’apparaît comme un beau mirage. Et puis, voilà une enfilade de skieurs qui la dévalent allègrement soulevant une poussière d’étoiles blanches éblouissantes à travers le soleil. Ce sont les amis de Yo qui nous encouragent à poursuivre notre chemin pour un dernier 100 m, de 30 à 45 minutes. Un regain d’énergie me pique et je dis à Yolanda, GO ! Nous terminons cette ascension après avoir installé, de peine et de misère pour moi, les couteaux. Et c’est avec une émotion extraordinaire, les larmes aux yeux, qu’après Yo, je pose mes skis sur ce sommet. Le ciel se dégage et un panorama paradisiaque sur 360 degrés s’offre à nous. Au loin on distingue le Cervin, triangle dominant, aussi, le Christ des neiges sur le Balmenhorn (à 4 167 m) et une multitude de sommets frôlant le ciel bleu. Un inoubliable moment de ma vie.
S’en suit ma plus longue descente: 2 400 m de dénivelé à dévaler. D’abord euphorie dans la poudre de neige sous ciel bleu. Puis, le brouillard brouille le plaisir et la crainte s’installe, à chercher notre route. Le temps change,il neige à plein ciel. Une débordante poudreuse que l’on savoure par épisodes mais dont on se prive du plaisir aux moments d’invisibilité. Graduellement, je retrouve mes énergies et puis j’en déborde. Sous 3 000 m, je pète le feu, je m’éclate dans la poudre mais le brouillard revenant, l’incertitude de la route brise le plaisir. Heureusement quelques anges sur notre chemin nous fourniront les directions à suivre nous évitant les pénibles détours. Nous rejoindrons les pistes de la station Monte Rosa pour atterrir, sous la neige qui tombe, au bas de la station, dans un café, à savourer cette fantastique aventure. Une expérience inoubliable que la vie, généreuse, nous a offerte.

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